Pour que les filles réalisent leurs rêves, nous devons changer le système.

63% des jeunes femmes rêvent d'un bon emploi selon une étude de Plan international, mais 1 sur 3 s'inquiète de l'inégalité entre les genres sur le marché du travail.

Bruxelles, le 20 février 2024 - Les résultats d'une enquête menée par Plan International Belgique sur les aspirations des jeunes femmes belges révèlent que leurs préoccupations se concentrent principalement sur des éléments traditionnels. En effet, 63 % d'entre elles aspirent à trouver un emploi de qualité, tandis que 47 % rêvent de posséder leur propre maison. Bien que des thèmes tels que l'égalité des genres et la création d'un monde plus démocratique ne soient pas spontanément évoqués, ils représentent des obstacles entre leurs rêves et la réalité, et ils revêtent une importance tout aussi cruciale. Ainsi, pour qu'une jeune femme puisse accéder à un emploi stable, atteindre l'indépendance financière et acquérir une propriété, des mesures doivent être prises à une échelle plus vaste.

Les rêves des jeunes femmes belges : travail, logement et voyages autour du monde.

Plan International Belgique a examiné les rêves des jeunes femmes belges et leurs obstacles, les empêchant de les réaliser. Cette recherche ​ révèle que la plupart d'entre elles ont des rêves ordinaires et traditionnels qui favorisent principalement leur autonomisation personnelle et leur croissance. Ainsi, 63 % des filles belges rêvent d'un bon emploi. Ce travail devrait générer un revenu stable et correspondre à leurs domaines d'intérêt. 47 % d'entre elles rêvent d'avoir leur propre maison où elles se sentent chez elles.

D'autres aspirations fréquentes incluent la fondation d'une famille, un départ à l'étranger pour le travail ou les vacances, l’accession à l'indépendance financière, la recontre d’un partenaire stable et la possibilité de poursuivre des études. « Je veux obtenir mon diplôme, me marier, avoir des enfants. En réalité, je veux simplement de la stabilité, rien de plus. Je n'ai pas le désir de devenir CEO. Je veux juste avoir une vie stable, être financièrement à l'aise et pouvoir voyager chaque année, offrir à mes enfants ce dont ils ont besoin. Si je peux atteindre cela, je serai très reconnaissante », raconte une jeune fille de 22 ans qui a participé à cette étude.

Des éléments plus abstraits tels que le bonheur (14%), la mobilité (posséder une voiture ou une moto, obtenir un permis de conduire) (14%) et la santé (13%) sont moins fréquemment évoqués comme rêves. Lorsque les filles énumèrent leurs rêves, elles restent principalement attachées à l'idée de la maison, du jardin, et de la vie de famille. La focalisation immédiate se porte sur leur propre avenir et leurs objectifs personnels.

L'étude révèle également que les rêves et les ambitions sont universels, indépendamment de la tranche d'âge, de l'origine migratoire ou de la situation socio-économique. « Lorsque vous demandez aux jeunes femmes de parler de leurs rêves, la première chose qu'elles mentionnent est très traditionnelle. Comme tout le monde, elles rêvent de bonheur familial, d'un bon emploi, de stabilité. Nous constatons également que ces rêves sont universels : que vous soyez riche ou pauvre, que vous ayez moins de vingt ans ou que vous approchiez de la trentaine, que vous soyez belge, européen ou d'origine différente, elles partagent toutes les mêmes aspirations » , déclare Isabelle Verhaegen, directrice de Plan International Belgique.

Moins de 2 % des filles ont explicitement indiqué que leur rêve était d'atteindre l'égalité des genres, d'éradiquer le racisme, ou de créer davantage de libertés. Ce n'est pas parce qu'elles ne se préoccupent pas des problèmes sociaux plus larges, mais plutôt parce qu'elles ne considèrent pas l'égalité des genres, le changement climatique, le racisme et la démocratie comme des rêves personnels. Pour elles, ces enjeux représentent plutôt des obstacles qui entravent la réalisation de leurs propres rêves, ainsi que ceux des autres jeunes femmes.

Pour réaliser de petits rêves, il faut d'abord rêver en grand.

 

Les jeunes femmes sont pleines d'espoir et d'optimisme. Elles sont conscientes qu'elles doivent elles-mêmes poursuivre leurs rêves, et sont prêtes à se battre pour les réaliser. Elles sont également conscientes de la présence de difficultés et obstacles. La moitié des jeunes femmes qui croient pouvoir réaliser leurs rêves pensent que cela sera difficile. Des différences significatives sont observées à cet égard. En particulier, les ​ les jeunes femmes vivant dans un contexte économique plus difficile indiquent qu'elles n'ont pas pu réaliser leurs rêves précédents. De plus, il apparaît également que plus elles sont pauvres, moins elles ont confiance en leur capacité à concrétiser leurs rêves actuels dans un avenir proche.

Pour les jeunes femmes, il existe de nombreux obstacles à surmonter lorsqu'elles aspirent à obtenir un bon emploi ou une maison propre. Ces barrières sont principalement systémiques. Les jeunes femmes ressentent le sentiment d'être défavorisées par la politique et l'économie. Elles constatent que les femmes ont moins d'opportunités de s'épanouir dans le contexte économique actuel. Près de la moitié des filles (48%) craignent même de ne pas pouvoir atteindre l'indépendance financière.

Les jeunes femmes ressentent qu'elles sont entravées par l'inégalité des genres, à tous les niveaux : des normes culturelles qui leur imposent des rôles différents, aux stéréotypes de genre classiques ou aux inégalités profondément enracinées. 41% estiment qu'elles doivent faire davantage dans les tâches ménagères simplement parce qu'elles sont des femmes. Plus d'un tiers s'inquiète de l'inégalité des genres sur le marché du travail et des conséquences que cela pourrait avoir sur leur carrière. Cela survient alors que la plupart des jeunes femmes considèrent la recherche d'un bon emploi comme un rêve. « Si tu es une femme, tu es la mère. Tu dois être attentionnée et prendre soin de la famille. De plus, j'étais l'aînée. Si j'avais été un garçon, ma sœur aurait été l'aînée de la famille. Elle aurait dû assumer toutes ces tâches », raconte l'une des participantes (25 ans).

Ainsi, même si les jeunes femmes en Belgique ne mentionnent pas directement l'égalité des genres comme leur grand rêve, elles reconnaissent néanmoins que cela constitue un obstacle à la réalisation de leurs aspirations. Pour qu'une jeune femme puisse accéder à un bon emploi, atteindre l'indépendance financière et acquérir une maison, des actions doivent être entreprises à une échelle plus large. « Pour pouvoir rêver petit, en termes de libertés individuelles, nous devons d'abord rêver en grand et apporter des changements au système. C'est ainsi que nous permettrons à toutes les filles de concrétiser leurs rêves, sans que le système ne les entrave », explique Isabelle Verhaegen, directrice de Plan International Belgique.

Méthodologie

Plan International Belgique a collaboré avec le bureau de recherche Whyfive pour cette étude. Au total, un échantillon représentatif de 1003 jeunes femmes belges âgées de 18 à 35 ans a été interrogé.

Elles ont répondu à une question ouverte portant sur leurs rêves et ambitions. En outre, elles ont été questionnées sur leurs rêves et ambitions d'il y a cinq ans ainsi que sur leurs aspirations futures.

Les jeunes femmes ont également été interrogées sur les obstacles potentiels qui les empêchent de réaliser leurs rêves.

 


Note aux rédactions

Les journalistes qui souhaitent en savoir plus sur ce sujet peuvent contacter Timothy Vermeir pour poser des questions supplémentaires ou organiser une interview.

Timothy Vermeir

PR Officer, Plan International Belgium

À propos de Plan International Belgique

Plan International Belgique est une ONG belge indépendante membre de Plan International qui défend l’égalité pour les filles et les droits des enfants dans le monde. Depuis 1983, nous accompagnons les enfants et les jeunes vers l’autonomie et leur permettons de changer leur avenir.

Nous donnons les mêmes chances aux filles qu’aux garçons : apprendre à l’école et obtenir un emploi décent, diriger les changements de leur société, décider de leur vie et de leur corps et s’épanouir à l’abri de la violence, de la naissance à l’âge adulte.

Pour plus d'informations sur Plan International Belgique, veuillez consulter le site www.planinternational.be.

 

 

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