Nombre record d'actes de violence graves commis contre des enfants dans les conflits
En 2025, l’ONU a enregistré une hausse de 6,45 % des actes de violence graves commis contre des enfants par rapport à l’année précédente, déjà record en la matière. Plan International est particulièrement préoccupée, notamment par la violence à l’encontre des filles, et appelle la communauté internationale à redoubler d’efforts pour protéger les enfants et défendre le droit international humanitaire.

Les assassinats et mutilations d’enfants, leur recrutement en tant qu’enfants soldats, les violences sexuelles, les enlèvements, les attaques contre des écoles ou des hôpitaux et le refus d’accès à l’aide humanitaire… L’année dernière, l’ONU a recensé 38 558 actes de violence graves ayant touché 24 174 enfants (15 493 garçons, 7 990 filles, 691 dont le genre n’est pas connu). Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis le début de l’enregistrement de ces données, il y a plus de vingt ans.
« Chaque enfant, où qu’il ou elle vive et qui qu’il ou elle soit, devrait avoir droit à la sécurité, l’éducation et la survie. » (Lindsey Hutchison)
« Les enfants font face à des niveaux de violence sans précédent. Nous savons que bon nombre de ces actes ne sont pas signalés et leur nombre réel dans les conflits armés est probablement bien plus élevé », explique Lindsey Hutchison, responsable de la politique humanitaire mondiale, du plaidoyer et de la diplomatie chez Plan International. « Chaque acte de violence grave commis contre un·e enfant est un acte de trop. Malheureusement, les crimes contre les enfants sont devenus la norme dans les conflits à travers le monde. Cette tendance ne montre aucun signe de ralentissement. En 2026, les enfants continueront d’être victimes d’attaques à grande échelle. Chaque enfant, où qu’il ou elle vive et qui qu’il ou elle soit, devrait avoir droit à la sécurité, l’éducation et la survie. Le monde ne peut pas continuer à détourner le regard tandis qu’une génération d’enfants grandit au milieu d’une violence impitoyable et de la peur. »
Une attention particulière pour les filles
« La protection des enfants, en particulier des filles, dans les situations de crise fait partie de nos objectifs fondamentaux », déclare Isabelle Verhaegen, directrice de Plan International Belgique. « Dans les conflits, et par extension dans tous les contextes humanitaires, le risque de violence liée au genre augmente, comme on le constate à maintes reprises. Le manque d’infrastructures, la disparition des forces de l’ordre, le renforcement des normes de genre néfastes dans de telles situations… font que les filles sont confrontées à une recrudescence des abus sexuels, de la prostitution forcée et des mariages précoces. À une époque où l’ordre international fondé sur la règle de droit est de plus en plus mis à mal, le monde doit redoubler d’efforts pour protéger les enfants et leurs familles, répondre aux besoins spécifiques des filles et défendre le respect du droit international humanitaire. »
« Dans les conflits, et par extension dans tous les contextes humanitaires, le risque de violence liée au genre augmente. » (Isabelle Verhaegen)