Journée internationale de l’homme (19/11): 60% des jeunes subissent des pressions pour se conformer à l'image stéréotypée de l’homme ou de la femme

Les stéréotypes, l'inégalité de genre et la violence vont de pair, révèle une étude de Plan International Belgique

Bruxelles, 17 novembre 2022 - Une étude* menée par Plan International Belgique auprès de 736 jeunes, à l'occasion de la Journée internationale de l'homme, montre que la moitié des jeunes Belges trouvent que la masculinité toxique est un problème. Environ 60% des jeunes interrogé·e·s subissent des pressions pour se conformer à l'image stéréotypée de l'homme ou de la femme. Plan International a également mené une enquête qualitative auprès de jeunes Sénégalai·se·s et a tiré les mêmes conclusions. Bien que la majorité des jeunes souhaitent amener ce sujet à l’agenda international, ils·elles ont l'impression de ne pouvoir apporter que peu de changement. En effet, selon eux·elles, échapper à ces rôles stéréotypés est mission impossible car il n’existe pas d’outils pour les déconstruire à grande échelle : "Ce n'est pas à la société de nous dire comment nous devons être, nous voulons pouvoir définir notre identité nous-mêmes", a déclaré l'un des jeunes interrogés à Seraing. 

Les hommes doivent être forts 

Il existe un ensemble de règles tacites sur la façon dont les garçons et les filles doivent se comporter. Pour définir un “vrai garçon” ou la virilité, les mêmes adjectifs nous viennent à l’esprit : on attend des garçons qu'ils soient dominants, qu'ils "conquièrent" les filles et qu'ils ne montrent pas leurs émotions. Six jeunes sur dix subissent une pression sociale pour se conformer à cette image stéréotypée. Ce sentiment est particulièrement présent chez les jeunes de 16 à 19 ans. Dans cette tranche d'âge, 7 jeunes sur 10 en font l'expérience en Belgique. Ces stéréotypes sont en partie alimentés par les médias, l'entourage, les clubs sportifs, l'école… qui maintiennent la pression pour que les garçons soient grands, forts, musclés et athlétiques. 

« J'ai été battu pour ce que je fais. Lorsque les gens réagissent de manière négative, j'essaye de ne pas les écouter. Ce n'est pas à propos de moi personnellement. C'est à propos d'eux.» Anthony, jeune engagé chez Plan International Sierra Leone." ​
« J'ai été battu pour ce que je fais. Lorsque les gens réagissent de manière négative, j'essaye de ne pas les écouter. Ce n'est pas à propos de moi personnellement. C'est à propos d'eux.» Anthony, jeune engagé chez Plan International Sierra Leone." ​ 

Cette image rigide de la masculinité amène les hommes et les garçons à adopter certains comportements : les normes sociales démontrent que pour de nombreux garçons/hommes, être un « vrai homme » pousse à une consommation excessive d'alcool et à une conduite dangereuse. Comportement qui non seulement les met eux en danger, mais également les autres. À ce stade, la masculinité devient toxique

Stéréotypes et masculinité : un lien avec la violence sexiste  

En 2020, les femmes et les filles du monde entier sont toujours confrontées à la violence et au non-respect de leurs droits fondamentaux. Les conséquences sont prouvées : problèmes (de santé) physiques, mentaux et émotionnels à long terme. Selon les Nations Unies, près d'une femme sur trois (environ 736 millions) a été victime de violences physiques et/ou sexuelles au moins une fois depuis l'âge de 15 ans. 

Les spécialistes nationaux et internationaux interrogé·e·s dans le cadre de la recherche de Plan International Belgique soulignent qu'il existe une forme de pression par les pairs : nous avons tendance à aligner notre comportement au groupe avec qui nous sommes, comportement qui est également encouragé par les normes de genre. Pour les hommes, cela les pousse à inconsciemment renforcer certains aspects négatifs de la masculinité, comme la violence. Pour plus de 73,5 % des jeunes participant·e·s, les comportements toxiques conduisent à davantage de violence.

L'un·e des jeunes Sénégalai·se·s interrogé·e·s : "Les garçons apprennent ces comportements discriminatoires et toxiques à l'école, dans leur famille et dans leur environnement personnel." 

Dans le sondage belge, 2 jeunes sur 3 considèrent la masculinité toxique comme un problème mondial et une menace pour l'égalité de genre. Globalement, les jeunes belges voient la masculinité toxique partout, mais ils y sont surtout confrontés dans le milieu scolaire et dans les clubs sportifs. ​ 

Les stéréotypes encouragent l'inégalité de genre 

Les stéréotypes et les inégalités de genre vont de pair : les stéréotypes perpétuent les inégalités et ces inégalités perpétuent à leur tour les stéréotypes. L'étude de Plan International Belgique a également analysé, entre autres, le monde du sport, et plus particulièrement le milieu du football. L'image du sport qui est "l'habitat du mâle viril" y est très présente : l'attention disproportionnée accordée aux athlètes masculins dans les médias du monde entier, la « tradition » d’insulter les arbitres et les « discussions de vestiaire » (propos sexistes tenus par les hommes envers les femmes qui ont souvent lieu dans les vestiaires des hommes des clubs de sport, avant et après le match). ​ 

Or, le sport a un impact positif sur la vie des jeunes du monde entier. Il véhicule des valeurs positives telles que le travail en équipe, le fair-play, la solidarité, le respect, la tolérance et l'honnêteté. En outre, la pratique du sport renforce également nos liens sociaux, notre réseau et notre implication dans la communauté.

Kendry, 20 ans, est engagé avec Plan International en République Dominicaine et adore le sport: "Je suis fan de basket-ball: c'est ma vie, ma passion."
Kendry, 20 ans, est engagé avec Plan International en République Dominicaine et adore le sport: "Je suis fan de basket-ball: c'est ma vie, ma passion."
Isabelle Verhaegen, directrice nationale de Plan International Belgique : "Plan International s'engage en faveur du sport dans le monde entier, y compris au Sénégal. Par conséquent, nous devrions prendre la situation en main et oser parler des phénomènes tels que les discussions de vestiaire. Nos recherches montrent que 6 garçons sur 10 et 7 filles sur 10 sont contre les discussions de vestiaire dans le club de sport. " 

Les jeunes sont prêt·e·s pour le changement 

Il y a de l'espoir : les jeunes pensent que les choses peuvent et doivent être différentes. La situation s'améliore dans le monde du sport, qu'il s'agisse de l'attention accrue portée à la pratique du sport par les femmes ou de l'intention croissante des jeunes de s'opposer aux propos sexistes tenus dans les vestiaires. Environ 80% des jeunes belges déclarent que les hommes devraient accorder plus d'attention à la position des femmes dans la société. En outre, 79 % pensent que les hommes devraient parler davantage de leurs sentiments. Les jeunes du Sénégal le soulignent également : la lutte contre les violences sexuelles et sexistes doit devenir une priorité politique pour la Belgique, mais aussi dans le monde entier, notamment au niveau de la coopération internationale. ​ 

Les écoles, les médias, les clubs sportifs, les parents et les responsables politiques peuvent apporter leur contribution en soutenant des images et des voix diverses et inclusives et en encourageant les jeunes à être qui ils·elles sont. Il est important pour les jeunes et le monde que les hommes deviennent des alliés dans la lutte contre la violence sexuelle et sexiste.

Une jeune interrogée au Sénégal déclare : "Si j'étais un homme, je ne devrais pas accepter que les filles ne puissent ou ne doivent pas faire certaines choses. Je ne veux pas non plus être retenue à cause de mon sexe. Les hommes doivent contribuer et s'engager pour atteindre l'égalité de genre." 

L'environnement scolaire est le lieu où l'on peut s'attaquer aux inégalités de genre

Isabelle Verhaegen : "Le message est clair : il faut donner aux jeunes des outils pour mieux comprendre les différentes situations et agir de manière appropriée. Il est important que les jeunes sachent qu'il n'y a pas qu'une seule forme de masculinité mais que chacun·e doit pouvoir l'interpréter à sa manière. Cela a également des effets positifs sur le bien-être et la santé physique, mentale et sexuelle des hommes, comme l'implication dans l'éducation des enfants, en tant que partenaire dans une relation..."  

L’idée est de créer des espaces sûrs où les jeunes peuvent discuter et parler de la masculinité, de l'égalité de genre, des droits de l'Homme, de la violence et des normes de genre, dans les écoles, mais aussi dans les clubs sportifs. À cet égard, il est conseillé de former les enseignant·e·s et les coach·e·s autour de ce thème afin qu'ils·elles puissent mieux guider les jeunes vers l'égalité de genre. ​ 

*Avec cette recherche, Plan International Belgique souhaite mieux comprendre le lien entre masculinité et violence afin d'atteindre l'égalité de genre dans le monde. Cette recherche se compose d'un sondage mené en Belgique auprès de 700 jeunes, d'interviews qualitatives menées auprès de 36 jeunes en Belgique et au Sénégal et des entretiens avec des experts (inter)nationaux sur le sujet.

Note aux rédactions

  • Les journalistes qui souhaitent en savoir plus sur ce sujet peuvent nous contacter pour poser des questions supplémentaires ou organiser une interview.
  • Le rapport complet de Plan International est disponible ici.
  • Plus d'information disponible sur la campagne sur notre site web.

 

Magali Lowies

Magali Lowies

Chargée de l'engagement des jeunes, Plan International Belgique

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À propos de Plan International Belgique

Plan International Belgique est une ONG belge indépendante membre de Plan International qui défend l’égalité pour les filles et les droits des enfants dans le monde. Depuis 1983, nous accompagnons les enfants et les jeunes vers l’autonomie et leur permettons de changer leur avenir. 

Nous donnons les mêmes chances aux filles qu’aux garçons : apprendre à l’école et obtenir un emploi décent, diriger les changements de leur société, décider de leur vie et de leur corps et s’épanouir à l’abri de la violence, de la naissance à l’âge adulte.

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