50% des filles et jeunes femmes belges se sentent incomprises par les responsables politiques

Plan International publie une recherche mondiale à l’occasion de la Journée internationale de la fille

Bruxelles, le 4 octobre 2022. À l'approche de la Journée internationale de la fille, le 11 octobre, Plan International publie un rapport mondial sur la participation politique des filles. En Belgique, 1.000 filles ont été interrogées. Quels thèmes sont prioritaires à leurs yeux ? Se sentent-elles entendues dans le débat politique actuel ? « D’une façon limitée », nous répondent-elles : en effet, 50 % des jeunes filles belges disent ne pas se sentir entendues ou comprises par les responsables politiques. Ce qui est frappant, c’est que ce chiffre belge est supérieur à la moyenne mondiale.

"La participation politique des filles est essentielle pour protéger leurs droits, droits qui sont de plus en plus sous pression aujourd'hui. Avec ce rapport, Plan International souhaite que les filles du monde entier, y compris en Belgique, puissent faire entendre leur voix." Isabelle Verhaegen, Directrice de Plan International Belgique

Une pression mondiale sur les droits des filles

La crise sanitaire, la crise climatique, le régime des Talibans en Afghanistan ou le rejet de la jurisprudence nationale sur l'avortement Roe v. Wade aux États-Unis, les manifestations en Iran... Ces situations mettent les droits des filles et des femmes du monde entier sous pression. Associés à des décisions politiques, ils ont un impact profond sur les filles. Les filles ne se sentent pas entendues, ni comprise par les responsables politiques. Pour comprendre la situation, Plan International a interrogé près de 29.000 filles et jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans, dans 29 pays. En Belgique, 1.000 filles ont été interrogées. ​ ​ 

Les droits des filles et des jeunes sont mis sous pression partout dans le monde et l'Amérique latine ne fait pas exception. Ces situations créent de graves problèmes qui mettent en danger l'avenir et la vie des filles. Plan International estime qu'investir dans les filles est essentiel pour changer leur avenir, protéger leurs droits et garantir leurs opportunités sociales, culturelles et économiques. (copyright: Plan International)
Les droits des filles et des jeunes sont mis sous pression partout dans le monde et l'Amérique latine ne fait pas exception. Ces situations créent de graves problèmes qui mettent en danger l'avenir et la vie des filles. Plan International estime qu'investir dans les filles est essentiel pour changer leur avenir, protéger leurs droits et garantir leurs opportunités sociales, culturelles et économiques. (copyright: Plan International)

La politique n'est pas accessible pour les filles

La recherche démontre qu’à travers le monde, les filles et les jeunes femmes ont une opinion claire des priorités que les politiques devraient fixer. Les thèmes importants pour les filles en Belgique sont la protection contre la violence, la discrimination, la crise climatique et la santé (mentale). En outre, les filles en Belgique, comme ailleurs dans le monde, sont également préoccupées par les questions socio-économiques, telles que le chômage et la pauvreté. ​ ​ 

Pourtant, bien que les filles belges s'intéressent aux questions sociales et politiques, les chiffres montrent que plus de 9 sur 10 d'entre elles sont confrontées à des défis liés à l'engagement politique. Le manque de connaissances politiques joue un rôle majeur, mais aussi le sentiment que la politique n'est tout simplement pas ouverte aux filles ou aux femmes, ou encore que les responsables politiques ne parlent pas réellement des sujets importants pour elles. ​ ​ 

Les filles et les jeunes femmes ne sont donc pas très motivées à s'engager en politique. Seules 14% des filles belges se sentent suffisamment sûres d'elles pour se présenter aux élections. Ce chiffre contraste fortement avec le chiffre international de 28 %. Au niveau mondial, les filles sont donc deux fois plus nombreuses à se sentir suffisamment sûres d'elles pour participer aux élections que les filles belges. Ce manque d’assurance peut aussi provenir d'un manque de modèles féminins actives en politiques. Dans le monde, il n'y a que 13 femmes cheffes de gouvernement, et seulement 26% des membres de parlements sont des femmes. Les jeunes femmes sont encore moins représentées : au niveau mondial, seulement 1% des député·e·s sont des femmes de moins de 30 ans. 

Luna, 20 ans et jeune engagée avec Plan pense “qu'il est important d’encourager l’égalité en politique et que chaque personne se sente représentée. Aujourd'hui encore, il faut continuer d'affirmer qu’une femme possède le même potentiel et les mêmes compétences qu’un homme. Les filles et les jeunes femmes représentent tout de même une bonne partie de l'humanité !”

Les normes sociales tiennent les filles à l'écart de la politique

Plan International est une ONG internationale qui travaille dans plusieurs pays pour y améliorer la situation des filles et des jeunes femmes. Plan International Belgique se concentre sur un certain nombre de priorités : la protection contre la violence, l'accès à l'éducation, l’indépendance économique et sociale des jeunes femmes ainsi que la réponse aux besoins de base tels que la nourriture et l'eau. Pour atteindre ces objectifs, il est essentiel que les filles et les jeunes femmes soient entendues et puissent participer elles-mêmes à la vie politique. ​ ​ 

Et c'est précisément là qu'il y a un problème. Dans le monde entier, et également en Belgique, seule une fille sur deux pense que la société accepterait et soutiendrait sa participation politique.

Naturel, 16 ans et jeune active au Togo affirme que : “Tout le monde se demande ce que les femmes font en politique. Les femmes sont constamment sous-estimées. Nous ne pensons pas que nous avons les capacités d’entrer en politique. Nous pensons que notre influence ne compte pas. La société ne nous encourage pas à nous exprimer et le monde politique non plus”. ​ 
Yadira, 19 ans, a pu compter sur le soutien de son frère lorsqu'elle a défendu ses droits. ​
(copyright: Plan International / Luzmarina Sono)
Yadira, 19 ans, a pu compter sur le soutien de son frère lorsqu'elle a défendu ses droits. ​
(copyright: Plan International / Luzmarina Sono)

Avec Plan International, les politiciennes belges écrivent une lettre à la fille qu'elles ont été

Le rapport montre que, selon les filles, il est aujourd’hui plus acceptable de s'engager politiquement en tant que femme que par le passé. Pourtant, 30 % des jeunes filles belges pensent que les femmes politiques sont toujours plus harcelées et plus souvent jugées sur leur apparence, par rapport aux hommes politiques. ​ ​ 

Pour répondre à ce problème, Plan International Belgique a demandé à des femmes politiques d'écrire une lettre adressée à leur jeune moi : 

  • Hadja Lahbib, Ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et du Commerce extérieur, et des Institutions culturelles fédérales.
  • Meryame Kitir, Ministre de la Coopération au développement et de la Politique des Grandes villes.
  • Bénédicte Linard, Vice-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles et Ministre de l'Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des Femmes.
  • Zuhal Demir, Ministre flamande de l’Environnement, de l’Énergie, du Tourisme et de la Justice.
  • Christie Morreale, Vice-Présidente du Gouvernement wallon, Ministre de l'Emploi, de la Formation, de la Santé, de l'Action sociale et de l'Économie sociale, de l'Égalité des chances et des Droits des Femmes.
  • Nadia Naji, Co-Présidente de Groen
  • Vanessa Matz, Déptutée fédérale.
  • Sophie Rohonyi, Déptutée fédérale.

Celles-ci ont décrit dans leur lettre les obstacles auxquels elles ont été confrontées en tant que femmes politiques et comment elles ont surmonté ces obstacles.

"Chère Hadja, je veux te promettre ceci : je continuerai mon combat pour que les femmes aient leur juste place dans la prise de décision politique, ici et dans le monde. Rien n’est acquis. Nous avons aussi encore beaucoup de travail à faire, en particulier dans des pays comme l’Afghanistan. Ce n’est pas terminé. Et j’espère qu’un jour, une future Hadja m’écrira pour me dire que nos objectifs en la matière ont été enfin atteints”.

Au final, à travers leurs mots, ces responsables appellent surtout les filles et les jeunes femmes à tenter l’expérience et à faire entendre leurs voix. ​ ​

Note aux rédactions

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Utilisation libre des images avec mention du copyright Plan International.

Magali Lowies

Magali Lowies

Chargée de l'engagement des jeunes, Plan International Belgique

 

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À propos de Plan International Belgique

Plan International Belgique est une ONG belge indépendante membre de Plan International qui défend l’égalité pour les filles et les droits des enfants dans le monde. Depuis 1983, nous accompagnons les enfants et les jeunes vers l’autonomie et leur permettons de changer leur avenir. 

Nous donnons les mêmes chances aux filles qu’aux garçons : apprendre à l’école et obtenir un emploi décent, diriger les changements de leur société, décider de leur vie et de leur corps et s’épanouir à l’abri de la violence, de la naissance à l’âge adulte.

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